Le Problème de santé le plus fréquent du voyageur La turista, ou diarrhée du voyageur, est l'incident de santé le plus fréquent pour les voyageurs. La myriade de noms (vengeance de Mocktésuma, la Polonaise, le fléau des pharaons, .), tous plus imagés les uns que les autres, attestent de l'empreinte que ces troubles digestifs peuvent laisser dans l'esprit des voyageurs. En effet, un voyageur sur deux est concerné et, sans que l'on sache très bien pourquoi, plus les anglais que les autres occidentaux !. Dans la grande majorité des cas, il s'agit d'un événement bénin, mais dans 10 % à 20 % des cas, cela conduit quand même à un alitement et, dans 2 %, les troubles évoluent vers la chronicité. Dans quelques cas, cela peut conduire à un rapatriement. En fait, la possible gravité de la diarrhée du voyageur est liée à la déshydratation qu'une diarrhée liquide, abondante et prolongée peut entraîner, surtout si elle s'accompagne de vomissements, rendant la réhydratation difficile. Ainsi, cette déshydratation peut entraîner des conséquences graves, tout particulièrement aux âges extrêmes de la vie et notamment chez les personnes âgées qui voyagent de plus en plus. Selon toute logique, le risque est d'autant plus important que l'on est originaire d'un pays à niveau sanitaire élevé et que l'on va dans une zone très défavorisée. Cependant, le risque persiste, bien qu'à un niveau incomparablement plus faible, dans les voyages à l'intérieur des pays industrialisés, ce qui illustre bien le fait que l'origine de ces diarrhées n'est pas toujours infectieuse, mais est également liée au stress, aux changements d'alimentation et d'habitudes de vie.
Les causes et la prévention Comme chacun le sait, c'est ce qu'on absorbe par la bouche qui est la cause de tous ces soucis. Par contre, contrairement aux idées reçues, ce sont les aliments solides qui sont beaucoup plus à risque que les boissons. Les plats les plus à risque sont les plats cuisinés mangés froid (buffet), les fruits de mer, les viandes et poissons insuffisamment cuits et les crudités. A l'inverse, tout ce qui est consommé chaud (très chaud.) est sans risque, de même que les produits secs (pain, gâteaux secs). Ainsi, il y a paradoxalement plus de risque à absorber un aliment contaminé dans le buffet d'un grand hôtel qu'à consommer une soupe servie brûlante dans les rues de Bangkok. La prévention est, sur le papier, assez simple : il faut éviter tous les aliments à risque ! Pour les boissons, il faut vérifier la réalité de leur capsulage ou consommer des boissons chaudes. Il y a également la possibilité de faire bouillir soi-même son eau (mais qui se promène avec son réchaud et sa casserole..), de mettre dans l'eau des comprimés décontaminants (Micropure, Hydrochlonazone), mais l'efficacité est modeste et il faut attendre une heure avant de consommer ou utiliser des systèmes de filtres individuels ou collectifs dont l'efficacité est excellente. Il s'agit des filtres Katadyn ou, utilisant le système Pentapure. Dans quelques cas très particuliers (déficit immunitaire, maladie intercurrente, situations où l'acidité de l'estomac a disparu, .), où la diarrhée peut avoir des conséquences graves, ou encore si vous ne pouvez pas vous permettre d'être indisposé (signature de contrat, conférence, .), votre médecin pourra vous prescrire à titre préventif un antibiotique (famille des quinolones) à prendre pendant toute la période à risque, mais uniquement pour une période brève.
Le traitement Si malgré les précautions prises, l'incident survient, le premier réflexe à avoir (et auquel paradoxalement tout le monde ne pense pas spontanément) est de boire beaucoup pour contre balancer les pertes. La compensation doit comporter du liquide (non contaminé !), du sucre et du sel. On peut ainsi prendre des jus de fruit ou du thé sucré avec des gâteaux secs salés. En cas de vomissements associés, il faut prendre de toutes petites quantités, très fréquemment. Dans certains cas, on peut cependant être amené à consulter un médecin sur place qui proposera une hospitalisation pour une réhydratation par voie veineuse. Les médicaments anti-diarrhéiques ont un intérêt en fait limité. Les plus adaptés sont ceux qui ne bloquent pas brutalement le transit (Smecta®, Tiorfan®, .) ; à l'inverse, il vaut mieux n'utiliser le lopéramide (Imodium® ou équivalent) qu'en cas " d'urgence " (trajet en avion, .) car l'excès d'efficacité risque d'entraîner une gène plus importante que la diarrhée initiale et ces produits sont par ailleurs dangereux si la diarrhée s'accompagne de fièvre, de douleurs abdominales ou de sang dans les selles. Dans quelques cas (diarrhée avec fièvre, diarrhée traînante, personne fragile.), un antibiotique de la famille des quinolones (sauf chez la femme enceinte et l'enfant) peut être utile. En conclusion, retenons que la diarrhée du voyageur est fréquente, mais qu'elle est le plus souvent bénigne et de brève durée ; que ses conséquences sont cependant parfois importantes chez les personnes " fragilisées ", que la prévention est utile, mais d'efficacité en fait modeste et que l'hydratation est l'élément clé du traitement.
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